Maëva Benaiche capture l'invisible et révèle la poésie du quotidien

Culture

Dans le monde foisonnant de la photographie contemporaine, Maëva Benaiche se distingue par une sensibilité unique et une approche profondément personnelle. Elle a publié son premier livre photographique, "Staccato", en 2023, offrant une introspection poétique sur sa perception du monde à travers son bégaiement. Aujourd'hui, elle est également la fondatrice du magazine Premier Exemplaire, dédié à la jeune photographie. Dans cet entretien, Maëva partage avec C Le Crès son parcours, ses inspirations et ses projets futurs, nous invitant à plonger dans son univers visuel empreint de poésie et de réflexion.

Exposition éphémère – “MAGMA”
Un parcours de 19 photographies à découvrir
Autour du lac Jean-Marie Rouché
Du 1er juin au 3 juillet 2024

 

« La photographie me permet de révéler des sentiments que je serais incapable d’exprimer à travers un simple discours. »

CLC : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m'appelle Maëva Benaiche, je suis née à Toulouse en 1996. Après avoir obtenu un DUT Mesures Physiques à l’université Paul Sabatier à Toulouse et m’être engagée dans un cursus d’ingénierie, j'ai intégré l’ETPA de Toulouse en 2018, où j'ai obtenu le « Grand Prix Photo » en 2021. En mai 2023, j'ai publié mon premier livre photographique, "Staccato", aux éditions Light Motiv, autour d'un sujet qui me tient particulièrement à cœur : ma vision du monde à travers le prisme de mon bégaiement. Depuis août 2023, je suis également fondatrice du magazine Premier Exemplaire, dédié à la jeune photographie.

CLC : Qu'est-ce que la photographie représente pour vous ?
La photographie me permet de révéler des sentiments que je serais incapable d’exprimer à travers un simple discours. L’acte de photographier me permet, jour après jour, de me découvrir et joue un rôle essentiel dans ma quête identitaire. Ma démarche photographique est un questionnement sur le monde et mon rapport avec celui-ci à travers mes propres interrogations et mes fêlures.

CLC : Où trouvez-vous l'inspiration ?
L'inspiration est partout. Mais je reste très sensible aux éléments qui m'entourent : l'eau, l'air, la terre, le feu. La matière, l'organique. J'aime mettre le doigt sur quelque chose qui aurait pu passer inaperçu si je n'avais pas déclenché. Un faisceau de lumière sur une feuille morte au sol, un reflet de soleil sur l'eau…

CLC : Que souhaitez-vous transmettre à travers vos photos ?
Une certaine empathie pour le monde.
J'aime créer, à partir de la réalité qui se présente à moi, une image complètement absurde, en noir et blanc, qui aurait pu être prise n'importe où, n'importe quand, mais qui raconte une certaine empathie généralisée pour le monde qui nous entoure. Les petites choses du quotidien que l'on prend pour acquises.

CLC : Dans quels lieux aimez-vous le plus photographier ?
Les lieux que je découvre, mais aussi ceux que je connais par cœur et que je ne cesse de redécouvrir. Des lieux entourés de nature, proches d'un point d'eau, avec des mouettes, des pigeons. De grands espaces où je peux me perdre dans l'immensité des détails qui se présentent à moi. Mais également la ville, car il me suffit de lever les yeux pour photographier mon obsession : les nuages (j'ai même un album photo qui leur est consacré sur mon téléphone).

CLC : Est-ce votre première exposition en plein air ? Comment cela influence-t-il vos choix artistiques ?
Ce n'est pas ma première exposition en plein air. J'avais déjà exposé cette série à la Quinzaine de l'Image dans le Gers. Mais c'est une première autour d'un lac ! Quel plaisir ! J'ai hâte de découvrir l'endroit !
Je ne pense pas que cela influe sur mes choix artistiques ; on s'adapte à la commande reçue. L'essentiel est que le travail soit montré, peu importe finalement la manière dont il est présenté, tant que cela respecte mes choix artistiques. Par exemple, pour cette exposition, j'ai dû recadrer mes images au format vertical alors qu'elles sont pour la plupart horizontales. En effet, c'était à mon travail de s'adapter aux bâches et non l'inverse.
Finalement, c'est chouette, ça permet de regarder son propre travail d'une autre manière. Je m'en lasse moins.

CLC : Quels sont vos projets à venir ?
Je bouillonne de projets ! Mais le plus tangible pour le moment reste la sortie sous format papier du magazine photo que j'ai monté en septembre dernier, "Premier Exemplaire Magazine", un magazine pour la jeune photographie par la jeune photographe que je suis ! Et par jeune photographie, j'entends la photographie trop peu montrée qui reste dormir dans des archives ou sur des disques durs. La campagne de crowdfunding arrive très prochainement (au moment où cet article sortira, elle sera sûrement déjà lancée) !

Pour plus d'informations :
Premier Exemplaire Magazine / Instagram