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Une jeune illustratrice Cressoise, à suivre !

Dans le dernier numéro de C Le Crès, nous avons l'honneur de vous présenter Nathalie Fernandez, une jeune artiste cressoise pleine de talent et d'ambition. À seulement 18 ans, Nathalie vient d'obtenir son baccalauréat il y a quelques jours seulement, avec mention Très Bien et Major de promotion dans toute l'académie, après un parcours brillant en Communication Visuelle Pluri-Média au Lycée Polyvalent Champollion à Lattes.

 
Née sourde, elle a su transformer son handicap en force, s’adaptant avec détermination pour poursuivre sa passion pour le dessin. Aujourd'hui, elle partage avec nous son parcours, ses inspirations et ses aspirations pour l'avenir.

CLC : Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Nathalie FERNANDEZ. J’ai 18 ans ½ et j’habite au Crès. Je suis en Terminale Bac Pro CVPM (Communication Visuelle Pluri-Média) au Lycée Polyvalent Champollion à Lattes. Je suis née sourde. Avec ma famille, on a déménagé de Rognac (13) à Montpellier avant ma rentrée au Collège, car il y avait plus d’accessibilité pour ma scolarité. Depuis, je suis en classe avec des entendants et accompagnée par la PICESDA34.

CLC : Quelle est l'origine de ta passion pour le dessin, quelles sont tes sources d'inspiration, les artistes qui t’ont particulièrement marqué ?

Quand j’étais petite, je me rappelle qu’à l’école, tous les matins, nous faisions des dessins que ma mère affichait dans le salon. Un jour, une élève sourde, comme moi, est arrivée dans la classe. Elle était très forte en dessin. C’était incroyable. Alors, cela a été un déclic, j’ai eu envie, moi aussi, de mieux dessiner.
Pendant longtemps, j’ai copié des animaux ou des personnages que je voyais dans les dessins animés ou dans les jeux vidéo. Puis, vers mes 11- 12 ans, j’ai commencé à faire des illustrations avec mon propre style. Je réalisais des personnages différents : mi-animaux, mi-humains. Comme beaucoup de jeunes de mon âge, je suis attirée par l’univers des Mangas et je cherche régulièrement des idées de graphisme proche de ce genre, mais originales. J’utilise souvent Internet pour rechercher de nouvelles idées qui sortent de l’ordinaire.
De nombreux artistes ou illustrateurs, présents sur les réseaux sociaux, sont une source d’inspiration pour moi. C’est le cas, par exemple, de Vivienne Medrano, Hayk Manukyan, Eva Figueroa, Lelay, Gaëlle Geniller ou Kii Kanna. Pour n’en citer que quelques-uns.

CLC : Certains peuvent penser que ton handicap est un frein au monde du travail, et pourtant, comme tu l'as démontré lors de ton stage au service communication de la Ville du Crès, le langage oral n'est qu'un moyen d'expression parmi d'autres. Ton talent d’illustratrice a fait le succès de l’affiche de la Fête de la BD cette année ! Comment as-tu vécu cette immersion en milieu professionnel ?

C’est vrai, quand on est sourd, c’est plus compliqué d’intégrer le monde du travail, car il faut s’adapter plus et faire des efforts pour communiquer. Mais il a des techniques : un peu d’oral avec la lecture labiale, l’écrit, un dessin rapide, une image sur Internet, le pointage des objets, ou même le mime. Il existe aussi des applications de traduction sur téléphone portable. En général, après quelques jours, on s’habitue et on se comprend plus facilement.
Durant mon stage professionnel au Service de Communication de la Mairie du Crès, l’équipe m’a proposé de réaliser les affiches de trois événements distincts : « La Fête de la BD », « La Fête de la Musique » et « La Fête de la Saint-Jean ». On m’a alors transmis les attentes de ces communications publiques et je les ai transposées en illustrations.
Je tire un bilan très positif de cette expérience de stage, tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel.  
D’abord, sur le plan professionnel, j’ai pu exercer les missions de graphiste pour communiquer sur ces événements, avec notamment la création de visuels sur différents supports (affiches de tailles différentes, flyers, sites en réseau, etc.). J’ai également mieux saisi l’importance de l’organisation des tâches, de la gestion des projets et des priorités dans une communication publique. Ensuite, sur le plan personnel, cette expérience m’a permis de rencontrer plusieurs professionnels qui m’ont accueillie avec bienveillance et qui ont pris le temps de m’expliquer les tâches à réaliser. Forts de leur expérience, ils m’ont tous un peu transmis leur savoir-faire. Nos échanges étaient très enrichissants pour moi.

CLC : Après l'obtention de ton diplôme de bac pro en communication visuelle, quelles sont tes aspirations professionnelles ?

Je sais déjà que j’ai été acceptée en BTS ERPC (Etudes de Réalisation d’un Projet de Communication) en option A (Réalisation de produits Plurimédia et multi-supports) en apprentissage. Je suis heureuse de pouvoir continuer à améliorer et à approfondir mes compétences en graphisme. J’ai encore envie d’apprendre d’autres techniques, de découvrir l’animation en 2D et de mettre mon talent artistique au service d’une structure de communication. Mais il faut maintenant que je trouve un employeur en tant qu’assistante graphiste pour les 2 ans à venir.

Voir son illustration sur le magazine C Le Crès n°18, p. 10

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